"Mickey" vice-champion du monde
Au-delà du nouveau match Etats-Unis contre le reste du Monde,
les premiers championnats du monde de natation auront eu surtout
comme véritable enjeu la confrontation entre le Goliath américain
et le David est allemand.
Jamais réellement menacé depuis les Jeux Olympiques
de Rome, l'aigle américain va devoir cette fois-ci affronter
une redoutable équipe féminine est-allemande. Malgré les
certitudes de Gus Stager (entraîneur en chef US), les récents
succès de l'Allemagne de l'Est en Coupe d'Europe (20 victoires
sur 29 épreuves) laissent présager des compétitions
indécises et des pronostics incertains.
En fait, les résultats confirmèrent ce que beaucoup
de techniciens pressentaient : une énorme supériorité des
nageuses de la RDA :10 titres sur 14 contre 3 aux Etats-Unis 18 médailles
sur 42 contre 13 aux Etats-Unis. Au classement général,
si les Etats-Unis l'emportent encore au nombre des médailles
(32 contre 25 à la R.D.A.), ils sont battus pour la première
fois par cette dernière au nombre de titres (II contre 12).
En dépit des soupçons de dopage, confirmés
par la suite, et les réponses non convaincantes des responsables
de l'Allemagne de l'Est, l'histoire retiendra que 18 records du monde
furent améliorés en six jours dans la piscine de Tasmadjan.
Déjà se dessine l'hégémonie controversée
des nageuses de la R.D.A. qui ne durera que trop longtemps (16 ans)
jusqu'à la chute du mur de Berlin.
En ce qui concerne les Français, après les résultats
très modestes des J.O. de Munich, pouvait-on s'attendre à un
rétablissement spectaculaire de notre natation ? Gérard
Garoff, nouveau DTN après la démission de Lucien Zins,
avait surtout bâti la nouvelle équipe de France sur
des relais compétitifs. II ne s'était pas trompé dans
ses prévisions puisque les trois relais engagés atteignirent
les finales en battant un record de France (4 x 200 m nage libre
messieurs par une marge de 7" 2/10e et approchant un autre record
de France de 2/100e (4 x 100 m nage libre dames)
Si ce bilan est positif, par contre il est moins
convaincant sur le plan individuel surtout chez les messieurs. A
noter cependant
que Sylvie Le Noach, neuvième temps à 5/100e de la
finale ; Bernard Combet, dixième temps et Patrick Moreau,
neuvième temps, à l'issue des séries auraient
pu, avec un peu de réussite, modifier le pourcentage général
de l'équipe.
Deux belles satisfactions cependant Michel Rousseau,
vice-champion du monde (7e à Munich), une place qu'aucun autre nageur de
100 m n'avait jusqu'ici obtenue Guylaine Berger 5e à la finale
sur la même distance et qui devient la première Française à franchir
la barrière de la minute.(59"518). Mais déjà apparaissent
les premiers signes d'une suspicion générale quant
aux " méthodes " employées en Allemagne de
l'Est. Gérard Garoff, il y a prés de trente ans déjà,
avait bien cerné les enjeux politiques de cette dérive
en concluant que : " le sport doit rester un libre choix pour
l'individu et un moyen naturel d'épanouissement de sa personnalité".
L'anecdote : L'équipe de France du 4 x 200 m nage libre composée
de Patrick Moreau, Olivier Middleton, Pierre Amardeilh et Michel
Rousseau devance en série (7'51"45, nouveau record de
France) la Suède et les Etats-Unis (7'54"40) même
si cette dernière a fait nager ses remplaçants, ce
ne sera plus jamais le cas ensuite.
Bilan : 1 médaille (argent) ; 6 finalistes ; 3 records
de France. |