Les occasions manquées de Catherine
Pour la première fois depuis leur création les championnats
du monde s’installent dans l’hémisphère
sud à Perth, à l’ouest de l’Australie,
terre de légende et de tradition pour la natation.
En plein hiver boréal, cette terre accueille l’élite de
la natation mondiale dont la majorité des pays a su faire face aux données
inhabituelles de la haute compétition : calendrier inversé, préparation
bouleversée, logistique adaptée au long déplacement et à l’acclimatation,
etc.
La France, malgré quelques difficultés concernant
la préparation terminale, délègue à Perth
une solide équipe de 12 nageurs et de 6 nageuses conduite
par ses 2 chefs de file Stephan Caron et Catherine Plewinski dont
on attend qu’ils soient médaillés. Comme l’on
espère aussi que plus de la moitié de l’équipe
se qualifiera pour les finales, la confiance est de mise dans l’entourage
des Français.
Mais le grain de sable qui dérègle les plus belles
mécaniques et fait fuir la réussite peut remettre tout
en question :
C’est Catherine Plewinski qui le premier jour perd le titre
du 100 m nage libre pour 14/100e alors qu’elle semblait avoir
tous les atouts pour devenir la première championne du monde
française.
C’est encore Catherine qui perd le 50 m nage libre de 3/100e
alors qu’elle rate son départ et prend 1 mètre
de retard dès le plongeon.
Ce sont les deux relais messieurs disqualifiés dont celui
du 4 x 100 m nage libre. Vice-champion d’Europe éliminé pour
...1/100e de seconde.
Cependant, les grandes satisfactions obtenues avec Catherine Plewinski
(3 médailles, ce qu’aucune Française n’avait
réussi auparavant) et la 4e place de la révélation
1989 Franck Esposito (premier Français à moins de 2’)
classé après l’Américain Melvin Stewart,
l’Allemand Michael Gross et le Hongrois Tamas Darnyi (excusez
du peu !) font dire à Patrice Prokop que "le bilan est
mitigé" en raison de certaines déceptions en partie
inexpliquées.
Sur le plan international, la lutte traditionnelle entre l’Europe et
les Etats-Unis a pris un nouveau virage. Si, chez les messieurs, grâce
surtout aux Allemands, l’Europe conserve la supériorité,
chez les dames, les Américaines ont su profiter de l’effondrement
de l’Allemagne de l’Est. L’équipe d’Allemagne
féminine, pourtant composée pour moitié des anciennes
nageuses de l’Allemagne de l’Est, n’a pu remporter qu’un
seul titre et 9 médailles, alors que la RDA à Madrid, elle seule,
avait accumulé 30 médailles dont 14 en or.
A signaler le pourcentage de réussite exceptionnel de la Hongrie qui
avec 10 nageurs enleva huit médailles. L’anecdote - Avant les championnats du monde, Don Johnson,
chef entraîneur de l’équipe du Canada, soupçonne
fortement les Chinoises de dopage après leurs progrès
fulgurants aux Jeux asiatiques. Don Talbot, en l’absence de
preuve, parle de "chasse aux sorcières" prématurée.
Sept ans plus tard en 1998, il fut le responsable d’équipe
le plus virulent à réclamer des sanctions contre les
Chinoises. Il est vrai que 1994 était passé par là…
Bilan : 3 Médailles ( 2 argent, 1 bronze) ; 9 Finalistes
; 2 Records de France. |
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